Road to Norway


60 ans du père, c'est l'occasion pour rejoindre mon frère qui s'en est allé à bord de son voilier vers la Norvège. Emmenant femme et enfants.


Je n'étais pas partie avec mes parents depuis mes 14 ans, ils vont le sentir passer !

Douze ans après, la relation est différente mais les arrêts pipi sont toujours présents voir même plus fréquents et la position dans la voiture reste similaire. J'ai un réel soucis avec les longs trajets lorsque je suis à l'arrière de la voiture... Je n'arrive pas à garder les yeux ouverts plus de quelques heures... et encore... Ce qui peut être un soucis vu que le père avait prévu beaucoup de trajets... Et puis la Norvège c'est pas vraiment la porte à coté.

Le paternel a trouvé une solution pour me tenir éveillée ! On s'arrête toutes les 10 minutes pour faire une photo. Un fjord, deux fjords, trois fjords... 27 fjords ! J'exagère mais nous n'en sommes pas loin (hein maman?).

Blague à part, il n'avait pas tord, ce pays est juste inoubliable, extraordinaire, unbelievable, wonderfull ! Des paysages à tout va, des couleurs, des moutons, de l'herbe (beaucoup), du saumon (beaucoup), des crevettes, de l'eau (plus que beaucoup) etc.

J'ai eu l'impression que l'air était plus pur que dans notre pays, certes très agréable, mais quand même plus pollué, la végétation est inimaginable, ça grouille de partout.

Vendredi matin, grand départ ! Encore la tête dans l'aventure de la veille, Barcelona express, 1500 km de stop. Mais tout va bien je gère la fatigue... ou pas, une heure et demi et je dors à point fermé (après avoir raconté toutes mes péripéties à mes parents avec un débit de paroles plus que rapide. Vous avez voulu partir en famille, assumez héhé).

Cette journée n'est qu'une étape donc rien à visiter, voila ma conscience un peu rassurée.

Nous passons la nuit à la frontière Allemagne - Danemark, déjà très dépaysant pour moi qui n'ai jamais été à une latitude si élevée. J'ai hâte de voir les pays nordiques, les couleurs, sentir le vent (et je l'ai bien senti !), je m'imagine les Vikings, les drakkars, le chef enveloppé dans une grosse fourrure, son casque à corne se tenant à l'avant de son bateau prêt pour une nouvelle invasion...

Deuxième jour, traversée du Danemark, le paysage est déjà très beau, des champs, des petites maisons, on visite une ou deux églises sur le bord de la route.

Première impression, le danois est quelqu'un qui semble maniaque et plus que fort organisé ! Les églises sont plus sommaires que les églises romanes, gothiques ou encore de la Renaissance que nous connaissons tous en Europe centrale. Elles sont aussi toujours entourées du cimetière, les tombes sont bien alignées, fleuries, et chacune entourée d'un petit buis parfaitement taillé. Les maisons sont toutes mignonnes, le jardin est parfait, pas une herbe qui dépasse. Un vrai décor de poupée...


Constatation assez récurrente, le danois possède un drapeau aux couleurs de son pays hissé avec fierté devant la maison. Questionnement tout au long de la journée...

Apparemment les églises danoises ont souvent un bateau suspendu.

Le fameux cimetière

Nous passons la nuit sur la cote nord du Danemark, dans ce qui semble être une station balnéaire. Magasin de surf, 3 restaurants, 4 vendeurs de glaces et la mer... la plage à perte de vue, des cabanes par centaines, un bar sur le sable avec des coussins et des hamacs, de la musique, des bateaux de pêche qui semblent abandonnés pour la nuit, beaucoup de vent. Un mélange entre la cote belge et une plage de film avec surfeurs, cocktails et bonne humeur.

La mer et remplie de petites méduses à cet endroit, les vagues sont assez nombreuses et la mer semble ne pas vouloir se reposer. Le soleil se couche, ou en tout cas essaye. Une aubaine pour mon envie photographique !

Des hommes d'une petite quarantaine d'années s'amusent à chevaucher les vagues dans leur combinaison. Sur la terrasse du resto on s'amuse à reconnaitre les touristes emballés dans leur veste coupe vent, plaid sur les genoux en dessous des chauffages et les habitants en tong et short.

Troisième jour, on se dirige vers le ferry, nous longeons la cote par des petites routes, vent et toutes rikiki maisons sont toujours au rendez-vous.


Deuxième constatation, le danois/norvégien est sportif. Avec ce paysage j'ai aussi les jambes qui démangent. Après une grande hésitation j'ai décidé de laisser mes affaires de sport à la maison afin de ne pas faire l'asociale. Petit regret enfuit au fin fond de mon moi-même. Le danois/norvégien court donc beaucoup !

On voit un phare au loin, mon premier phare scandinave ! Une grande étendue d'herbes hautes danse sur le vent, le phare au loin, une falaise tombant à pic sur la plage étroite. Normandie? Négatif. C'est magnifique, j'adore. On tombe sur un petit cimetière (celui-ci, pas du tout organisé) avec des symboles faisant penser aux vikings, un vieil arbre plié par le vent. J'ai le sentiment d'être hors du temps.

A force d'être en pleine contemplation le temps file et il est nécessaire de s'activer pour ne pas manquer le ferry.

Le ferry... Longue attente avant de rentrer. On s'occupe en regardant dans les voitures voisines. A gauche, des petites têtes blondes s'agitent, une deux trois... quatre ! Papa + maman. Ca saute dans tout les sens, on communique à coup de tirage de langue. A droite, seulement deux petites têtes blondes. Il y en a PARTOUT.


Troisième constatation, le danois/norvégien ne vit que pour ses enfants, ou en tout cas en grande partie. Ils sont réputés pour avoir la meilleure éducation, je ne peux pas donner mon avis puisque je n'ai pas eu la chance de parler avec un autochtone (à savoir: plus je monte vers le nord plus je remarque que les gens sont froids voir impolis).

Je vois cependant que les infrastructures sont pensées pour les enfants. Les églises, hall d'hôtel, supermarchés ont chaque fois une place réservée à la marmaille blonde, livres, de quoi dessiner, Lego (Legoland n'est pas loin) etc.

Si j'avais eu ça à l'époque où mon père nous emmenait dans TOUTES les églises de Toscane, ma tête aurait été plus joyeuse sur les photos de vacances. Ca n'a pas du beaucoup me traumatiser vu l'intérêt plus qu'important que j'ai actuellement pour les bâtiments de culte religieux.


Soit, attente fort intéressante puisque nous avons pu rire en faisant une rapide étude sociologique.


On entre enfin dans cet ENORME bateau. Vent, beaucoup de vent sur le pont, on s'y installe quand même et bientôt plus de terre en vue... J'y songe un rapide instant... Ceux qui me connaissent savent que j'ai un certain mal-être vis à vis des fonds marins. Me voilà peu rassurée mais ça ne m'empêche pas de piquer un rapide roupillon (il y avait longtemps !) emballée dans mon coupe-vent. Après 3h15 de navigation nous y voilà.

Et là... BAM - BOUM - BADABOUM, mesdames et messieurs veuillez fermer vos bouches et recommencer à respirer svp. C'est juste TROP beau ! Des gros cailloux qui sortent de l'eau, de la végétation à ne plus savoir quoi en faire, du vert, du bleu. AAAAH je suis contente.

On descend de ce géant de fer et prenons la route pour rejoindre le frère.


A droite, à gauche, là je vous assure que je ne dors pas, mes yeux sont bien ouverts !


A la recherche d'un supermarché nous tombons devant ce qui deviendra notre sortie quotidienne, le KIWI.

J'adore, "je vais chercher du saumon au Kiwi". Je suis heureuse avec un rien.


Arrivée à bon port (c'est le cas de le dire), la famille nous attends déjà.

Très heureuse de voir mes neveux que je n'ai plus vu depuis deux mois, ils semblent avoir pris quelques centimètres. Nous finissons la journée à coup de verre de vin et de pâtes au saumon à bord de l'Elfe.

Le lendemain est bercé par des balades en famille dans les alentours du port. Depuis le début de l'aventure c'est la première fois que le temps n'est pas de la partie, un fin cracha nous tombe dessus. Nous longeons un petit canal partant du port, Camille ne lâche pas la main de sa Marraine (moi, en l'occurrence). On a l'occasion de croiser une multitude invraisemblable de variétés différentes de fleurs, même des orchidées sauvages au grand bonheur de certains. Arrêt pic-nic où nous mangeons enfin le camembert ramené de Belgique. Camembert qui a faillit nous tuer par asphyxie tout au long du voyage. Il est arrivé à maturité pas d'inquiétude.

Nous sommes sur une petite plage de galets où se mélangent mousse, méduses, coquillages, algues...

Camillle trouve un crabe mort et là commence la grande réflexion sur "le cimetière des crabes".

Robin, du haut de ses deux ans et demi trouve très important d'enterrer feu le crabe, il ne nous lâche pas avec cette idée. Le crustacé finira sous deux bouts de bois et une fleur. Une grande passion est née.

Plus tard, nous apprenons que la météo est très changeante en Norvège, ce matin il faisait, disons le, dégueulasse, et cet après-midi grand bleu et soleil tapant.

Nous partons à l'aventure du grand caillou. A savoir à 7 minutes à pied mais dans ce paysage pas besoin d'aller bien loin pour être émerveillé. Le gros caillou en question n'est pas une montagne rassurez-vous mais pour mes neveux c'est une aventure digne d'Indiana Jones. Nous tombons sur une vue typique norvégienne avec sa petite cabane rouge (la plupart du temps ce sont des hangars à bateau, un garage en résumé). Nous allons là où c'est trop dangereux pour les enfants et tombons sur la salle à manger des mouettes, des carcasses de crabes dans tout les sens. Quelle aubaine ! j'en connais un qui va être content, on a trouvé le cimetière des crabes !!! Robin est aux anges, il prend bien soin des souvenirs que nous lui ramenons. Nous terminons la journée sur une plage de sable a faire des ricochets dans l'eau.

Si on m'avait dit il y a quelques jours que j'allais me poser sur une plage norvégienne en t-shirt je vous aurais rit au nez !


Quatrième constatation, le norvégien n'est pas très respectueux de la nature vis à vis de ses déchets. Apparemment il est naturel de jeter ses détritus un peu partout. Ce qui est très bizarre parce que ce pays à l'air de faire très attention à ne pas dénaturer le paysage quand on voit les petites maisons imbriquées dans la roches, les maisons couvertes de verdures etc.


Les forêts sont magnifiques, j'ai à chaque fois l'impression que Panoramix va débarquer. Elles sont très sombres tellement les arbres sont proches, la lumière perce la végétation par faisceaux ce qui donne une ambiance magique à la scène.


Nous sommes mardi et le frère propose une virée en mer direction le port de Mandal. C'est parti, à nous la mer ! Le temps est mitigé mais pas de soucis ça va changer. Le temps norvégien est comme moi, il a du mal le matin.

Les trois enfants s'amusent à l'intérieur du bateau tandis que les adultes sont à l'extérieur.

Bon... Pour être honnête je ne deviendrai pas une grande navigatrice. Il faut avoir un certain équilibre, que j'ai, mais il disparait une fois le pied sur le bateau.


Note à moi même: ne plus aller jouer avec les enfants dans la cabine trop longtemps. Je pense être ressortie jaune, à tendance verte. Ca secoue à l'intérieur... pourtant la mer est calme... Grande aventurière en mer bonjouuuuuuur !


Je me sens beaucoup mieux à l'air frais. Le paysage est fou, de gros rochers qui sortent de partout, des maisons posées dessus. On s'imagine sur la terrasse d'une de ces maisons, en se rendant bien compte que la vie ici n'est pas du tout la même. Pas question de prendre le bateau pour aller au paki du coin pour cause d'oubli de lait.

Arrivés au port, on est pas les seuls. Un norvégien sympathique (non?!) nous indique une place et le frère s'accoste parfaitement. Impressionnée que je suis par la solidarité des navigateurs, tout le monde s'aide sans poser de question, avec le sourire. Sans se remercier aussi... Il parait que c'est comme ça, c'est naturel.


Le port de Mandal possède une poissonnerie, croyez-le ou non ce n'est pas commun dans la région.


Joachim sur le bateau, Camille dans la main gauche, Robin dans la main droite, je rentre dans l'établissement et là je sens le drame arriver... Un rayon entier de crabes... Je regarde Robin, il me regarde, je vois toute l'incompréhension du monde dans son regard... il va falloir tous les enterrer? "Les cabes..."

Cinquième constatation: le soleil ne se couche pas vraiment à cette époque de l'année, ce qui donne à la nuit une étrange ambiance. Nous sommes dans le sud donc ce n'est pas encore trop impressionnant, j'ai hâte d'aller voir comment cela se passe dans le grand nord.

Sixième et dernier jour avec le frère, le ciel est bleu, le soleil brille, au top pour une autre sortie en mer. Cap vers le phare de Lindesnes , l'endroit le plus au sud de la Norvege. Je demande un short à prêter tellement il fait chaud. Oui madame, il fait calor dans le sud du nord.

Le vent n'est pas trop fort, hissez les voiiiiiles. Moment de bonheur sonore juste quand on arrête le moteur, pas un bruit, juste le clap des vagues et encore. Nous ne descendrons pas du bateau, il n'y a pas grand monde qui a la chance d'observer le phare depuis la mer, contente !

Lors de notre retour, le bateau arrive à une vitesse de 7 noeuds, vite apparemment. Le vent souffle (non, pas sur la Bretagne armoricaine), il est temps de remettre son coupe-vent.


Ce soir là nous nous disons au revoir, mon frère, Marie et les enfants vont commencer leur descente vers le continent et nous montrons encore une journée pour visiter quelques fjords.

Jeudi, on est parti, on monte. Pas m'endormir, pas m'endormir, surtout ne pas rater ces p****** de paysages de malade. Heureusement, on s'arrête plusieurs fois. Toujours bouche bée on passe entre les fjords qui sont de plus en plus grands, gigantesques. La grande question se pose toujours: mais bordel c'est quoi la cause géologique de ces foutus fjords? Il a fallu que je mette cette question par écrit pour trouver une réponse.

Plus on s'enfonce dans les terres plus le paysage change, l'eau qui était présente en très grande quantité diminue de plus en plus. Les amis, à notre grand bonheur, on arrive chez les cousins des Hobbits. Des maisons aux toits végétaux, du vert et encore du vert et de l'eau toujours mais beaucoup moins.


Ce qui est impressionnant c'est de regarder un paysage et se rendre compte qu'il y a des maisons un peu partout mais qu'on ne les voit presque pas du fait de leur toiture !


Sixième constatation: le mouton norvégien s'en balance royalement de savoir que tu veux passer sur la seule route des alentours. Lui et ses potes en pull-over resterons sur la route à te regarder avec un air bête.

J'étais à la mer ce matin? sous un soleil radieux? Oui oui, et bien ce soir je suis dans les neiges éternelles. C'est ça la Norvège, et encore, la petite pointe du sud ouest...

Cette nuit nous sommes dans une station de ski (coeur coeur coeur), la neige est là, par petit morceaux ne nous emballons pas, mais quand même. Une chute d'eau devant, une chute d'eau derrière. Parfait...

Vendredi, il est temps de redescendre vers notre chère Belgique... Avant de réellement partir il nous reste une chute d'eau et une église à aller voir.

La chute d'eau... il fait vraiment un commentaire...? Personnellement je connais la cascade de Co... Tiens, prends ça dans les dents, en Norvège c'est pas pour les enfants !


MAIS D'OU VIENT CETTE EAU ?! Oui je sais c'est débile, il y a un lac au dessus, il est pleins donc il s'évacue, merci je sais. Mais il faut se rendre compte qu'il y a de l'eau partout dans ce pays et à différents niveaux c'est assez impressionnant, des vases communicants géants.

L'église n'est pas une simple église comme nous avons vu au Danemark, il n'en existe plus que 28 en Norvège. Elles s'appellent les églises en bois debout et datent du 13 ème siècle, de l'époque où la Norvège est passée au le culte de la religion catholique. C'est assez impressionnant de voir qu'elles tiennent encore debout...

Nous redescendons doucement vers Kristiansand, ville où nous prendrons le ferry le lendemain matin.

Dernière photo à l'aube avant de s'en aller...

Un autre regard par ici: clique


Posts à l'affiche